Le BMC Speedfox sur la Swiss Epic

Avec mon coéquipier et capitaine Amaël Donnet nous avons eu la chance d’enfourcher le tout nouveau BMC Speedfox SF01, en vente en 2015 et mis à notre disposition par la marque suisse, pour cette première Swiss Epic.

Le Speedfox SF01 avant le départ de la Swiss Epic.
Le Speedfox SF01 avant le départ de la Swiss Epic.

Lors des premiers essais avant la course, il s’était avéré d’une prise en main aisée et très rapide sur mes parcours d’entraînement habituels. Cela s’est rapidement confirmé en course, dès le prologue de Verbier. Monté avec un seul plateau Sram XX1 de 28 dents et des pneus renforcés, il affichait 11,7 kg sur la balance. Pas mal du tout pour un 29 pouces en taille L, avec mes pédales XTR. Retour dans le détail sur mon vélo de cette Swiss Epic 2014.

Un tout suspendu

Passé un certain âge, une évidence sur une course comme la Swiss Epic si on en a assez du tassement de vertèbres et que l’on souhaite apprécier à leur juste mesure les descentes, magnifiques. Certes, un semi-rigide sera à son avantage dans certaines longues montées, mais le prix à payer par ailleurs n’est plus le mien.

Le Speedfox permet de "lâcher les chevaux" en toute sérénité. Photo Sportograf.com
Le Speedfox permet de « lâcher les chevaux » en toute sérénité. Photo Sportograf.com

Pour jouer la gagne, ou un bon classement, sur une telle épreuve un tout suspendu de XC sera l’engin idéal, monté avec des pneus volumineux, pour la sécurité, et roulants. Comme des Conti X-King en 2,4″, qui permettront de rouler vite au plat et en bosse tout en lâchant les chevaux en descente sans crainte de taper la jante. Pour faire le parcours en mode « plaisir avant tout », un vélo « all mountain » comme ce BMC Speedfox est le meilleur choix. Avec un bon pneu volumineux et cramponné l’avant, vous passerez partout sans souci. Les sentiers valaisans peuvent être cassants, mais les organisateurs ne nous ont jamais envoyés dans les plus extrêmes, ou alors avec un portage obligatoire.

Fonctionnement général

Dans l’ensemble, rien à dire. Ou que du bien. Le vélo est vraiment à l’aise sur les terrains défoncés, en descente, mais aussi en montée ou à plat, comme sur un bisse truffé de racines. En montée raide, avec l’amortisseur (FOX CTD) en position «trail» il a juste un peu tendance à «s’asseoir» un peu. Sur la Swiss Epic, je me suis souvent retrouvé à monter en position «climb», soit avec l’amortisseur quasi bloqué alors que j’aurais préféré un peu plus de souplesse. Mais en position «trail», c’était un poil trop mou alors que la position «descend» me convenait très bien dans les dégringolades. Au pédalage dans les relances intermédiaires (sur une route 4×4 entre deux sentiers descendants, par exemple), cette dernière position rend toutefois le vélo très flou et mou de l’arrière.

Un vélo vraiment à l'aise sur les sentiers.
Un vélo vraiment à l’aise sur les sentiers. Photo Sportograf.com

Train roulant

Sur la Swiss Epic, je n’ai rencontré aucun problème, ni avec mes roues ni avec les pneus. Les jantes DT XM 1501 Spline One n’ont pas bronché après ces 400 kilomètres et 15’000 mètres de dénivelé positif et négatif (un poil de moins). Lors de la dernière étape, mon coéquipier a même roulé les quelque 5 derniers kilomètres en descente avec un pneu avant à plat. Résultat: pas une once de voile ni la moindre marque.

Au chapitre des critiques: la solidité de la roue libre DT dont un roulement a éclaté lors de la 3e étape, nous poussant dans une grosse galère. Peut-être un événement isolé, mais fâcheux tout de même.

Le roulement  du body, à l'origine d'une journée de grosse galère lors de la 3e étape, entre Leukerad et Grächen.
Le roulement du body, à l’origine d’une journée de grosse galère lors de la 3e étape, entre Leukerad et Grächen.

Le vélo de test est arrivé monté avec des pneus Continental Mountain King 2,2“ à l’avant et X-King 2,2” à l’arrière. Pour assurer le coup, j’ai gardé une monte similaire, mais avec un Mountain King 2,4 neuf à l’avant et un X-King 2,2, également neuf, à l’arrière. Le tout en « tubeless » et avec des modèles renforcés « Protection », pas fou le type.

J’ai finalement trouvé le X-King arrière un peu étroit et pas assez volumineux en 2,2″ pour rouler l’esprit totalement détendu et l’ai remplacé au soir de la 3e étape par un autre Mountain King 2,4. Un X-King 2,4 aurait été plus indiqué (la 4e étape et ses longues montées asphaltées l’ont confirmé à mes dépens), mais j’ai préféré monter un pneu que j’avais emmené plutôt que d’en acheter encore un.

Sur les bisses parsemés de racines, le tout suspendu permet de passerait sans trop se fatiguer et sans prendre de risques inutiles. Photo Sportograf.com
Sur les bisses parsemés de racines, le tout suspendu permet de passerait sans trop se fatiguer et sans prendre de risques inutiles. Photo Sportograf.com

Ce montage en Mountain King 2,4 à l’avant comme à l’arrière s’est par contre montré idéal sur les magnifiques sentiers, parfois très cassants, de la dernière étape. Un montage «all mountain» sans souci.

Il va falloir que je roule encore ces Conti sur mon vélo habituel, mais pas dit qu’ils parviennent à déloger mes Schwalbe Hans Dampfadorés…

Transmission

Le Sram XX1 a été une vraie découverte, agréable qui plus est. Aucun déraillement ni autre souci. Cette transmission m’a réconcilié avec Sram, dont je j’aime pas trop les manettes du X0, par exemple, même si j’adore le Grip Shift (si seulement les poignées d’origines n’avaient pas cette longueur ridicule).

La transmission XX1 permet de grimper partout,  ou presque, sans que cela ne soit pénalisant ailleurs. Et en tous cas pas sur les singletrails ou la piste de descente de Verbier...
La transmission XX1 permet de grimper partout, ou presque, sans que cela ne soit pénalisant ailleurs. Et en tous cas pas sur les singletrails ou la piste de descente de Verbier… Photo Sportograf.com

Le développement offert avec un plateau de 28 dents et le fameux pignon arière de 42 permettait de passer partout ou presque, même si parfois, la fatigue aidant j’ai regretté mon double plateau avec un plus petit développement de 22×36. Contrairement à mon coéquipier, je n’aime pas trop rouler en force et j’ai tendance à me fusiller si je dois pousser trop gros trop souvent et trop longtemps. Et sur la Swiss Epic, les raidards ne manquaient pas.

Suspensions

Rien à dire là non plus, je n’ai pas eu à me plaindre, ni de la fourche, ni de l’amortisseur. Comme évoqué plus haut, seule la position intermédiaire «trail» de l’amortisseur m’a paru un poil souple alors que les deux autres me convenaient parfaitement. Un réglage fin à trouver.

Freinage

Là, c’est un peu plus fâcheux. Le modèle de série est prévu avec des Sram Guide, dont était équipé le vélo d’Amaël. Le mien arborait encore des Sram XO, au toucher inégal et parfois spongieux, sans oublier les hurlements du disque. Pratique pour prévenir les concurrents en course, moins agréable lors de sorties individuelles dans la forêt. Honnêtement, j’ai regretté les XTR de mon all mountain habituel.

Selle et tige de selle

J’ai juste changé la selle pour un modèle évidé au centre, ma fidèle Pro Griffon que j’utilise depuis le début de l’année. Cette dernière a toutefois commencé à me paraître trop molle en fin de course, surtout lors des longues montées sans changer de position. À vérifier lors des prochaines sorties avec un arrière-train reposé…

La tige de selle suspendue (pas totalement indispensable, mais c’est tellement mieux avec) était la RockShox Reverb Stealth d’origine. Rien à dire sur le fonctionnement de la tige elle-même. Par contre, j’ai parfois trouvé le levier un peu dur à actionner (il faut vraiment le pousser à fond et, seln la position des mains sur le cintre, ce n’est pas toujours évident) comnparé à celui de ma KS habituelle.

Alors, ce Speedfox, un vélo pour quoi faire?

Une machine à faire beaucoup de choses… Mais surtout du « vrai » mountain-bike, à la montagne. À l’aise en montée, sans être un pur crosseur tout de même, il excelle partout ailleurs, se fait oublier, met en confiance. Spécialement vif pour un 29“, il bénéficie de ses bases arrières très courtes et d’une potence également courte. Et à voir mon coéquipier de la Swiss Epic, Amaël Donnet, enchaîner les « nose turns » dans les épingles, bunny hops, wheelings et autres manuals, ce bike permet de bien s’amuser à son guidon.

Une semaine de plaisir au guidon d'un vélo rapide et passe-partout. Evitez juste de monter un pneu "lourd à tirer" à l'arrière si vous envisagez de longues montées sur du goudron. Photo Sportograf.com
Une semaine de plaisir au guidon d’un vélo rapide et passe-partout. Evitez juste de monter un pneu « lourd à tirer » à l’arrière si vous envisagez de longues montées sur du goudron. Photo Sportograf.com

Pour ma part, je n’ai jamais ressenti le besoin de davantage de débattement sur ce bike très équilibré et sain. Il va vite, tout en laissant une bonne marge de sécurité au pilote. Peut-être un peu «gros» tout de même (malgré ses tout petits 11,7 kilos) pour jouer le classement sur une course comme la Swiss Epic, il devrait faire merveille sur du terrain cassant à la journée, comme celui de la Transvésubienne, pour ne prendre que cet exemple. Pas au hasard.

Voir Zermatt et finir

Après les déboires de la troisième et la quatrième étape, cela ne pouvait qu’aller mieux pour la dernière, entre Grächen et Zermatt, la plus belle de cette première Perskindol Swiss Epic, à notre goût, avec de magnifiques sentiers, également à la montée. Amaël avait fait changer ses pneus la veille au soir, mais a malheureusement dû constater que le mécano devait être fatigué lui aussi pour monter le Continental Mountain King 2,2 à l’avant et le 2,4 à l’arrière… Mais plus le courage de changer cela à vingt minutes du départ.

Amaël Donnet sous le Cervin en fin de 5e étape, juste avant la 5e crevaison...
Amaël Donnet sous le Cervin en fin de 5e étape, juste avant la 7e crevaison…

Les plus beaux sentiers de la semaine

Dès le départ, le pneu avant d’Amaël perd un peu d’air et deux arrêts de regonflage seront nécessaires en début d’étape. Rien à voir avec les péripéties des jours précédents et le début de journée se passe plutôt pas mal, même si la fatigue accumulée se fait bien sentir. Après une superbe première descente depuis Grächen et une longue montée, souvent en sentier de Saint-Nicolas à Zermatt, on enchaîne par une très longue route 4×4 jusqu’à l’arrivée du métro alpin de Sunegga. Ensuite, les sentiers succèdent aux brefs passages sur route 4×4, du pur bonheur. La descente sur le Riffelalp, puis sur Furi, est très cassante et piégeuse avec d’innombrables rigoles artificielles fabriquées avec des pierres plates posées sur la tranche. Mieux vaut réussir ses « bunny-hop », sinon la punition risque bien d’être la crevaison instantanée. Un des moments de la course où j’ai vraiment apprécié mon « gros » vélo.

L'étape Grâchen - Zermatt était juste inoubliable. Photo Sportograf
L’étape Grâchen – Zermatt était juste inoubliable. Photo Sportograf

Plus tard, la dernière descente sur Zermatt depuis Stafel est vraiment somptueuse, dans paysage exceptionnel. Un vrai sentier valaisan, alternant les parties souples et les pierres bien scellées et parfois cachées à la sortie du virage. Label 13 étoiles à 100 %…

Une crevaison, la septième…

Pour Amaël, un peu dans le dur après les efforts supplémentaires en « fixie » puis à plat sans selle, l’épique aventure ne pouvait bien sûr pas s’achever sans une ultime crevaison. Il aurait eu besoin d’un troisième regonflage de son pneu avant, mais en avait trop ras le bol pour s’arrêter encore une fois. Sur un appui un poil plus musclé que les précédents, son tubeless a fait « pschitt » et il s’est retrouvé complètement à plat. Le temps de relancer quelques jurons et de me confirmer qu’il n’allait pas mettre une chambre à air pour ces cinq misérables derniers kilomètres, il était déjà reparti, doublant même plusieurs concurrents, peut-être effrayés par ce raffut, qui ne comprenaient pas bien comment cela pouvait bien être possible. Pas une surprise pour moi qui avais pu admirer un festival de « nose turns » dans les épingles et autres manuals ou wheelings à une main sur la ligne d’arrivée durant toute la semaine. Techniquement, ce mec assure. Et si un roulement de la roue DT nous avait trahis quelques jours plus tôt, la jante de la marque suisse, elle, n’a pas bronché. Ces XM 1501 Spline One ne semblent pas seulement indestructibles, elles le sont.

Le roulement coupable d'une bonne partie de nos maux de la 3e étape, entre Leukerad et Grächen. Trop faible pour les cuisses d'Amaël.
Le roulement coupable d’une bonne partie de nos maux de la 3e étape, entre Leukerad et Grächen. Trop faible pour les cuisses d’Amaël.

Emotions et bières partagées à Zermatt

À Zermatt, nous avons franchi la ligne main dans la main, Amaël avec son pneu plat, tout un symbole après ses sept crevaisons de la semaine, et cela m’a semblé presque normal de finir après ces 400 kilomètres et 15’000 m de dénivelé. Après tous les ennuis rencontrés, et après avoir à chaque fois trouvé une solution — au prix de gros efforts pour mon capitaine — je ne voyais pas comment il aurait pu en être autrement. Ce n’était pourtant pas gagné d’avance et mon périple aurait aussi pu s’arrêter aussi net que m’avait bloqué un fil de fer de clôture sur la première étape Verbier-Leukerbad. Je l’ai payé d’une grosse entorse à la cheville, heureusement pas trop douloureuse au pédalage. Le repos forcé avec une attelle, c’est pour cette semaine…

L'arrivée à Zermatt, après près de 30h de vie commune sur les sentiers valaisans...
L’arrivée à Zermatt, après près de 30h de vie commune sur les sentiers valaisans… Photo Sportograf

À Zerrnatt, au soleil, c’est aussi toute une cohorte de concurrents fatigués, mais heureux, qui s’est retrouvée derrière la ligne d’arrivée pour partager une bière en toute décontraction, car durant la semaine, l’appréhension de l’étape du lendemain empêchait parfois de savourer pleinement les émotions du jour. Et, toujours à Zermatt, les « finishers » ont pu se retrouver pour une petite « party » au Vernissage. Et là, nous avons enfin pu savourer une douce revanche: après quelques breuvages de trop, nous étions encore bien plus frais que quelques « pros » qui nous avaient atomisés à longueur de journée durant la semaine. Pas le même physique je vous dis…

Un moment intense: la traversé du pont bouthanais, à Susten, lors de la 2e étape, en boucle autour de Leukerbad. Photo Sportograf
Un moment intense: la traversé du pont bouthanais, à Susten, lors de la 2e étape, en boucle autour de Leukerbad. Photo Sportograf
En route pour la falaise de Leukerbad lors de la 2e étape. Photo Maaswerd
En route pour la falaise de Leukerbad lors de la 2e étape. Photo Maaswerd

Régime sans selle pour Amaël

L’étape qui faisait peur. Pas la plus longue en kilomètres (75 contre 95 pour celle entre Verbier et Leukerbad), mais le plus gros dénivelé avec 3300 mètres d’ascension.

Les Frischknecht père et fils en discussion juste avant le départ de Grächen. Les Frischknecht père et fils en discussion juste avant le départ de Grächen.

Comme l’étape entre Leukerbad et Grächen avait emprunté de nombreux sentiers et pas trop de routes goudronnées, j’ai décidé de changer mon pneu arrière jeudi soir, le Continental Mountain King en 2,4″ remplaçant le X King en 2,2″, un peu trop « petit » à mon goût dans toute cette caillasse haut-valaisanne.

Un pneu dur à traîner

Ce matin et plus tard dans la journée, j’ai amèrement regretté mon choix. Une véritable ancre sur les nombreux kilomètres en montée sur le goudron. À réserver pour le terrain et les chemins descendants, où il excelle.

Mais ma petite galère n’était rien à comparer à celle d’Amaël, victime de trois crevaisons et d’un bris de selle peu avant d’arriver à Viège. La punition? 8,5 kilomètres à pédaler sans selle et avec la roue arrière à plat jusqu’au prochain poste d’assistance. Le tout juste avant la montée finale, sur du goudron, jusqu’à Grächen. Le bon côté des choses? Le café offert par un vacancier sur les hauts de Viège après la deuxième crevaison en attendant que son « compresseur » à accu se charge quelque peu (nous avions un petit souci avec notre pompe, résolu par la suite, après que le café nous a réveillés).

M. Reinhart dans son chalet sur les hauts de Viège: "Vous prendrez bien un café en attendant que le "compresseur" soit rechargé? Je fais aussi les pansements à votre collègue..." M. Reinhart dans son chalet sur les hauts de Viège: « Vous prendrez bien un café en attendant que le « compresseur » soit rechargé? Je fais aussi les pansements à votre collègue… » Photo Amaël Donnet

Le parcours

Encore une fois, les chemins à flanc de coteau et les descentes, surtout celle sur Viège, étaient magnifiques. Je serai moins catégorique pour les montées. À l’image de l’étape en boucle à Leukerbad, il y avait beaucoup trop de bitume à notre goût. À choisir, je prendrai le départ de la catégorie « flow » si c’était à refaire. Non par « flemme », mais bien pour éviter tout ce bitume.

Amaël encore en galère avec son pneu plat et sans selle avant le stand de réparation. Amaël encore en galère avec son pneu plat et sans selle avant le stand de réparation.

Voir Zermatt et rentrer

Demain, dernière étape en direction de Zermatt et du Cervin. Quelque 60 km pour 2400 mètres de dénivelé. On espère bien éviter les ennuis cette fois et conserver notre 12e place chez les masters. Non, en fait, là je crois qu’on s’en fiche un peu. Une étape sans ennuis et du plaisir pour boucler cette épreuve de fous, très très dure de l’avis général et sous-estimée par beaucoup de monde, voilà l’objectif du samedi…

Vidéo: Amaël en route sans sa selle

La plus grosse galère…

S’il fallait briser la routine de ce début de Swiss Epic, nous l’avons fait de belle manière en ce jeudi, mais pas forcément comme nous l’aurions espéré. Venus sans autre ambition que de voir Zermatt et de vous conter cette aventure, nous nous sommes pris au jeu de la course après les premiers bon résultats. Trois podiums en trois jours chez les masters et une deuxième place provisoire à général avant le départ de cette troisième étape entre Leukerbad et Grächen. Carrément l’euphorie!

Quelques heures plus tard, autant l’écrire tout de suite, pour le général, c’est mort. Dans la première descente, le peloton est encore compact et on ne choisit pas forcément la trajectoire la moins cassante en voulant doubler. Amaël crève de l’arrière et nous nous arrêtons à Loèche pour réparer. Un coup de gonfleur à gaz, peine perdue, le pneu est trop déchiré pour que le « lait » fasse son effet réparateur. Nous montons une chambre à air, gonflons le pneu et nous apprêtons à remonter la roue lorsque la cassette tombe toute seule sur la route, suivie des pièces de la roue libre: deux ressorts, un roulement à billes, deux roues dentées et deux douilles. Après un peu de réflexion et quelques tâtonnements, nous parvenons à remettre les pièces dans le bon ordre avant de repartir pour… 30 mètres. La roue libre n’est plus libre du tout et Amaël poursuit sa route en pignon fixe…

Swiss Epic 2014 - Leukerbad - Grächen
Loèche et une cassette sur la route, les ennuis commencent…

Nous pensions avoir mal remonté la roue libre. À l’arrivée, les mécaniciens constatent que c’est un roulement du body qui a « fumé ». Cassé, il bloquait le système. Ouf, ce n’était au moins pas de notre faute…

VTT en pignon fixe…

En pignon fixe donc, sur toute la traversée de la plaine du Rhône et la montée sur Moosalp, 1500 mètres et quelques plus haut, via des portions descendantes et des sentiers, toujours en pédalant… Un truc de fou et les jurons fusent à intervalles réguliers. La galère technique se transforme évidement en galère physique pour mon capitaine aux jambes fusillées.

« Chainless » pour la descente

À Moosalp, un longue descente nous attend jusque dans le Mattertal et nous décidons d’enlever la chaîne pour permettre à Amaël de descendre presque normalement. Pas si simple sans chaîne, mais les équipes doublées dans la descente n’ont rien du comprendre: nous n’avancions pas sur les les faux-plats très larges (Amaël, qui n’avait pas cessé de pédaler ne pouvait plus le faire) mais les redoublions à mach 2 dans les parties raides et techniques.

Sans la chaîne, démontée pour la descente. Pas facile pour les portions remontantes.
Sans la chaîne, démontée pour la descente. Pas facile pour les portions remontantes.

En fond de vallée, remontage de la chaîne, qui aurait tout de même bien servi dans les quelques remontées intermédiaires, faites à pied. Dans la raide et technique montée finale, la situation empire encore. La roue ne tourne plus du tout et nous décidons de démonter la cassette. Portage et poussage se succèdent dans le sentier abrupt. Pas trop grave, mais le chemin de croix s’achèvera sur quelques kilomètres de goudron en montée. « Tout de même con d’avoir un vélo et devoir marcher », me glisse Amaël, dégoûté. On le serait à moins.

Remontage de la chaîne pour la dernière bosse.
Remontage de la chaîne pour la dernière bosse.

Une bien belle étape

Du coup, toute pression du classement est retombée et nous devrions pouvoir profiter pleinement des deux dernières étapes. Aujourd’hui, les chemins étaient vraiment beaux, même en montée, et spectaculaires par moments. Une toute belle étape avec une organisation qui « assure ». Lavage des vélos, service de mécanique, massages, balisage, rien a dire. Sauf peut-être sur les 7 kilomètres de plus qu’annoncé. Galère quand tu nous tiens…

En mode "portage" après le poussage et la trottinette... L'arrivée, si proche et encore loin.
En mode « portage » après le poussage et la trottinette… L’arrivée, si proche et encore loin.
L'arrivée à Grächen, avant la boucle finale et quelques kilomètres de bitume.
L’arrivée à Grächen, avant la boucle finale et quelques kilomètres de bitume.

La plus longue montée… d’une traite

Après le briefing au soir de la première étape, la plus longue, le topo était assez clair: le menu du jour se composait d’un passage dans la falaise de Loèche-les-Bains en amuse-bouche, d’une longue descente jusque dans la plaine du Rhône en apéritif, d’un passage sur le pont bouthanais de Susten en entrée, de la plus longue montée d’une seule traite (faut-il comprendre qu’il y en aura des plus longues, mais fractionnées?) de la semaine (+1500m) en plat principal et d’une descente technique (mais pas partout) sur Leukerbad en dessert.

Pas une crevaison, mais presque

Ce dernier (le dessert) s’est bien fait attendre. Le passage en falaise était tout simplement magnifique au lever du jour et la descente qui a suivi à tenu ses promesses: sans fin, alternant passage bien caillouteux avec des tronçons plus souples. Sur la Swiss Epic, même ces derniers ne pardonnent rien et un atterrissage facile mais trop appuyé me vaut une session de gonflage un peu plus loin. Pas une vraie crevaison, mais une perte de pression en écrasant le pneu sur la jante. Merci le tubeless…

Spectaculaire pont bouthanais

La descente le long du Rhône jusqu’à l’entrée de Sierre a précédé le retour en direction du bois de Finges par un magnifique sentier à flanc de coteau, avant la remontée sur le spectaculaire pont bouthanais. Moins haut que la passerelle à Farinet, mais plus long et presque plus impressionnant à parcourir à vélo.

Les images du jour s'affichent sur l'écran géant dans l'aire d'arrivée.
Les images du jour s’affichent sur l’écran géant dans l’aire d’arrivée.

Après avoir traversé la plaine, les choses plus pénibles ont commencé à Getwing, via Erschmatt et la route goudronnée jusque sur les hauts de Leukerbad où nous attendait un magnifique sentier panoramique (à refaire en étant plus reposé…) avant la descente finale sur Loèche-les-Bains.

Un genou en vrac

Sur le plan purement sportif, mon capitaine Amaël Donnet à été en délicatesse, le mot est faible, avec son genou gauche, touché lors d’une mini chute lors du prologue et déjà opéré par le passé. Impossible pour la de pédaler normalement, ce qui ne facilite pas les choses lorsqu’il faut gravir quelque 3000 mètres de dénivelé par jour. De mon côté ma malléole ne m’a pas fait souffrir et la météo, avec un soleil souvent caché et une légère brise, m’a été bien plus favorable que la veille. D’ailleurs, je suis resté debout à l’arrivée alors que je m’étais jeté par terre la veille 😉

En "backstage" du podium, Ariane Kleinhans (tout à droite, leader de l'épreuve aux côtés de Annika Langvad discute avec une concurrente sous le regard des Valaisans Florian Golay et Phil Meyer, leaders de la catégorie "flow".
En « backstage » du podium, Ariane Kleinhans (tout à droite, leader de l’épreuve aux côtés de Annika Langvad discute avec une concurrente sous le regard des Valaisans Florian Golay et Phil Meyer, leaders de la catégorie « flow ».

Je ne vais pas répéter que les chemins étaient top, enfin si, je viens de le faire et, vu les circonstances, nous étions plutôt heureux (le mot est trop fort) de monter sur du goudron. Globalement nous trouvons tout de même que nous passons beaucoup de temps en montée par rapport à la descente. Mais, ça on le savait, où on aurait dû le savoir…

Le physio en chef, celui qui essaie de réparer le genou d'Amaël, avec une concurrente très satisfaite des ses services.
Le physio en chef, celui qui essaie de réparer le genou d’Amaël, avec une concurrente très satisfaite des ses services.

La suite, presque la routine quotidienne sur cette course: lavage des vélos, douche, collation, massage, passage chez le médecin, podiums (3es des masters aujourd’hui et 30es du scratch), briefing, petite mousse de débriefing avec les autres équipes de cette galère volontaire, repas du soir et dodo jusqu’à 5h30 demain. Ah oui, on dort plutôt bien…

Les résultats sur le site de Datasport

Quelques images sur la page Facebook de Sportograf

Swiss Epic / Loèche-Loèche

Ce mercredi 17 septembre, le tracé de la Swiss Epic propose une boucle en partant depuis la station Haut-valaisanne. Une journée en enfer pour votre narrateur !

Bien placé sur la ligne de départ, nous attaquons la première bosse en bonne posture. Ca grimpe plutôt vite, le premier portage permet un regroupement presque générale, à vrai dire il convient plus de parler de petits pelotons. Depuis le haut de la falaise de Loèche, nous plongeons sur la Vallée du Rhône. Cette interminable et magnifique descente nous a permis de gagner de nombreuses places et d’admirer quelques acrobaties. On perd un peu de temps, car il faut regonfler le pneu arrière de mon coéquipier. Rien de bien méchant en fait, un peu d’air s’est échappé sur un choc. De là nous remontons la vallée en direction d’une ascension qui est annoncée terrible. Durant la traversée du Bois de Finges, je ressens un picotement dans mon genou, ce n’est jamais bon signe pour mon vieux genou…

Les 1’500 mètres de D+ à prendre d’une traite seront mon chemin de croix. Cela fait déjà quelques kilomètres que je pédale que d’une seule jambe. Je baisse la tête et je grimpe comme je peux, à chaque tour de manivelle la douleur se fait vive. Ca brûle et il m’est impossible de mettre La force nécessaire pour suivre le tempo des deux premières équipes masters. Celles-ci nous déposent en début d’ascension, la note sera salée ! Ca gamberge aussi dans ma tête, mon coéquipier doit s’ennuyer à cette vitesse d’escargot… !

La quatrième nous dépasse à environ trois kilomètres du sommet, les dés sont jetés… Fort heureusement grâce descente finale abordée à vive allure, nous les dépassons et nous revenons à trente secondes de nos plus proches poursuivants.

L’organisation met à disposition des compétiteurs des masseurs, des kinés et des médecins, je suis passé par leurs mains expertes, espérons que demain sera un meilleur jour !!!

Le BMC Speedfox est peut-être au final un peu trop «gros» pour cette épreuve, mais il permet de prendre un maximum de plaisir dans les descentes. Vu les raidards proposés et les longues relances, j’ai définitivement opté pour les poignées Spirgrips et un plateau de 28 dents.

PERSKINDOL SWISS EPIC_STAGE2_Buthanbridge_Credit_Apix
Copyright Apix

 

Et les pros ?

Si du côté féminin, la paire composée d’Arianne Kleinhans et d’ Annika Langvad devancent aisément ses poursuivantes, elles roulent forts au pédalage et dans le technique. Chez les hommes c’est au tour du duo Austro-Allemand Daniel Geismayr et Jochen Käss de remporter leur étape, mais les classements sont très serrés.

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Les vainqueurs de l’étape Loèche-Loèche. Copyright Maasewerd
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Récup active…
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Les podiums… Du côté backstage !

 

 

Verbier-Leukerbad, le jour le plus long…

… enfin j’espère.

95 km, 3050 mètres de dénivelé, selon les organisateurs, 3150 selon mon GPS à l’arrivée, ce mardi était le jour de la plus longue étape de cette première Swiss Epic. Contrairement au prologue, c’est d’emblée mon capitaine d’équipe qui prend les choses en main. Il « fait le start », on va dire. Mes espoirs qu’il se calme seront vains. Il fait aussi la suite, la descente vers la Tzoumaz, les montées suivantes, les raidards de Flanthey, les bisses et la montée finale. Seule une crevaison de sa roue avant me permet de souffler un peu plus de deux minutes. Je souffre de la chaleur et le léger mieux avant la montée finale sur Loèche-les-Bains sera de courte durée. Les raidards en forme parabolique, plus raides au sommet qu’au pied, se succèdent à mesure que mon énergie fond comme neige sous le cagnard valaisan.

Le podium féminin du jour avec la victoire des Spezialiced II, formé d'Annika Langvald et Ariane Kleinhans.
Le podium féminin du jour avec la victoire des Spezialiced II, formé d’Annika Langvald et Ariane Kleinhans.

Je souffre de la chaleur, mais impossible de boire suffisamment et je maudis déjà les organisateurs pour ce final gratiné. Un fil de fer de clôture à bétail, que je n’avais pas vu, me stoppe net. Sans mal ou presque puisqu’une malléole enflée me fait souffrir à l’arrivée. Rien senti sur le moment, mais je ne vois pas où j’aurais pu me faire mal ailleurs. La clôture suivante me distille une puissante décharge. Après une volée de jurons, c’est peut-être cette décharge qui m’a permis de rejoindre l’arrivée… Nous laissons filer la victoire d’étape sur cette fin de parcours pour quatre minutes. Mais la route est encore longue jusqu’à Zermatt et la course est loin d’être jouée. Douche, massage, réhydratation et passage chez le médecin pour la malléole, demain sera un autre jour et on verra bien. Cette Swiss Epic est ma première course par étapes et me capacités de récupération sont une inconnue totale.

Et encore une deuxième marche du podium pour notre équipe ;-)
Et encore une deuxième marche du podium pour notre équipe 😉

Le vélo

Rien à dire, ce BMC Speedfox fonctionne à merveille. Évidement pas un crosseur pur avec ses 130mm de débattement à l’avant comme à l’arrière, mais d’une efficacité redoutable sur les bisses et les nombreuses racines. Sans parler de la descente, où nous avons pu doubler plusieurs équipes avant qu’elles ne nous redoublent en montée.

Amaël a finalement opté pour un plateau de 28 dents après les raidards du jour. Le changement est en cours...
Amaël a finalement opté pour un plateau de 28 dents après les raidards du jour. Le changement est en cours…

L’organisation

Rien a dire non plus. Le parcours est magnifique – les super raidards mis à part, évidemment – et nous rappelle que le Valais regorge de sentiers magnifiques pour du vrai VTT (oui, je me répète au fil des jours, mais quelque chose me dit que ce n’est pas fini…). Le balisage, impeccable, et les ravitaillements parfaits. À l’arrivée, tout y est: lavage des vélos par des bénévoles, garage à vélos, ravitaillement, massages et service médical.

Ça c'est du parking à vélo, non?
Ça c’est du parking à vélo, non?

La suite

Demain mercredi, étape en boucle avec un retour à Loèche-les-Bains avec un menu toujours copieux: 69 km pour 2750m de dénivelé. Une sorte de Hérémence-Grimentz sur des chemins plus compliqués… Et plus beaux. Oui, je me répète…

Résultats complets du jour sur le site Datasport.

Swiss Epic / Verbier – Loèche les Bains

 Après la mise en jambe du prologue qui nous a permis de terminer à la deuxième place en catégorie Masters, nous passons aux choses sérieuses avec la plus longue étape de la Swiss Epic.

 

Pour rejoindre Loèches les Bains en partant de Verbier, l’organisation nous a concocté un parcours de 95km enrichi de 3’050m de D+. Notre place obtenue sur le podium, nous permet de prendre le départ dans le groupe de Nino Schurter, Florian Vogel, Jaroslav Kulhavy ou autre Christoph Sauser… Sûr on ne va pas tenter l’holeshoot !

Dans le sas de départ, nous nous plaçons plutôt en grille, cela évite de trop se mettre La pression et de partir comme des ânes. Après une mise en roue relativement prudente, nous remontons quelques équipes. On se retrouve dans un petit groupe, sans penser une seconde que nous allons varier les positions au sein de ce petit peloton tout au long de la journée. Au sommet de la Croix de Cœur nous plongeons en direction de la Tzoumaz sur un petit monotrace parfois piégeur, comme quoi il existe une autre variante que le boulodrome du Grand Raid… Désolé d’insister ! La suite s’avère moins fun, le peloton se reforme sur quelques parties roulantes avant d’exploser sur le premier bisse et sur la belle descente nous menant à Bramois.

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L’arrivée à Loèche les Bains

Traversée de la plaine et grimpette sur Lens, tout le monde se regroupe… Mais pas longtemps ! L’organisation nous a trouvé une grimpette abominable, digne des pires pentes que l’on peut trouver sur la Transmaurienne. On enchaîne ensuite sur des enchaînements de bisses. Le top pour rouler, mais il faut ne jamais se déconcentrer, sous peine de finir dans l’eau ou dans le talus. De mon côté j’improvise une pause forcée suite à une crevaison… Sur le bitume ! Après une plantée sur la partie la plus facile de la descente hier, là je brille encore !!!

Heureusement mon collègue et un vététiste de passage m’assiste, la réparation fut presque aussi rapide qu’un changement de pneumatiques en F1. Nous repartons de plus belle, sans savoir que le final sera terrible. L’enchaînement de montées impossibles nous sape le moral, on termine au courage pour se placer deuxième masters et toujours dans le top trente scratch. Un bon massage et une boisson de récup, nous voilà prêt pour demain. Enfin on verra bien, affaire à suivre !

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Nino Schurter et Florian Vogel ont reculé dans le classement. Nous vous parlerons de tout ça demain 😉 Copyright Apix
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Florian Golay et Phil Meier mènent la danse dans la catégorie Flow.
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Chez les femmes la course est toujours menée par le duo composé d’Annika Langvad et d’Arianne Kleinhans
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De toutes les couleurs…

Swiss Epic / C’est parti !

Nous ne pouvons plus reculer, nous voilà à Verbier pris dans le tourbillon de la Swiss Epic. Les dossards sont pris, la reconnaissance du prologue bouclée et ce dernier effectué.

Le prologue

Long de seize kilomètres et enrichi de huit cents mètres de dénivelé positif, le prologue fait un tour raccourci de la station bagnard. Pour débuter, il convient de signaler que la Swiss Epic c’est l’antithèse du Grand Raid. Les ascensions ne mènent jamais sur des boulevards qui se dégringolent à des vitesses supersoniques, chaque grimpette nous emmène sur de superbes sentiers. Ces derniers sont légions en Valais., c’est un petit paradis pour le VTT ! Le prologue ne fait pas exception ! Certes il faut grimper sur les Ruinettes, mais ensuite la descente se fait en mixant des pistes bleues, rouges et par de jolis monotraces.

 

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3,2, 1 départ ! L’équipe ValaisMédiasRiders, notre team, est officiellement en course à 11h50. Mon coéquipier, Joakim Faiss assure le tempo dans la bosse, je serre les dents. Ne pas lâcher, ne pas lâcher… Pas facile, le gazier roule vite et on rattrape de nombreuses équipes. C’est plutôt ardu de les doubler, sur la fin de la montée qui se passe sur un monotrace pas si lisse. Le replat qui mène aux Ruinettes permet de se refaire une santé. Hop ça bascule sur la bleu, je prends le leadership en assurant un tempo ni trop rapide, ni trop lent. L’option plaisir est le leitmotiv de notre petite équipe, le soir on se ravitaille avec une boisson de récupération houblonnée et sur les sentiers on s’amuse. Du coup, malgré le chrono qui tourne de manière impitoyable, on n’oublie pas de passer sur les doubles bosses ou de rouler sur les wall ride. Partant dans les premiers Masters, nous rattrapons certains Flow et des équipages mixtes, tous ne sont pas rapides et ils ont de la peine à se laisser passer. Par moment nous avons eu l’impression d’avoir le temps de boire une mousse avant de les dépasser. Au final ce n’est pas grave, car la course s’annonce encore très longue.

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Petite chute sans gravité pour votre serviteur.

Entre les panneaux d’indications très bien placé, l’assistance pour le nettoyage des VTT, les ravitaillements et les massages gratuits, cette Swiss Epic s’avère être parfaitement organisée et superbement rodée !

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La course des pros

Sur une distance aussi courte, les écarts sont loin d’être fait. Nino Schurter et Florian Vogel possèdent un petit pécule de dix seconde sur Lukas Buchli et Mathias Flückiger, Daniel Geismayr et Jochen Käss suivent de près. Du côté féminin, la paire Annika Langvad et Arianne Kleinhans devance de près de trois minutes Esther Süss et Elferonk Hielke.

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Le podium de la course élite
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Un bon ravito houblonné ne se refuse jamais !

A Schurter et Vogel le prologue, à nous le podium des « vieux »

Lundi 15 septembre, début des choses à peu près sérieuses avec le prologue de la Swiss Epic. Quarante-sept minutes pour les meilleurs, Nino Schurter et Florian Vogel, à peine moins d’une heure pour notre équipe des Valais Mediariders sur un parcours qui a permis aux vététistes de s’exprimer à tout de rôle selon leurs qualités. Une grosse bosse de 850 mètres de dénivelé, pour les grimpeurs, un bon bout de plat vers les Ruinettes, pour les rouleurs, et la descente pour… les descendeurs.

Le parcours est aux risques et périls de chacun. Les chaises longues aussi...
Le parcours est aux risques et périls de chacun. Les chaises longues aussi…

Loin des chemins 4×4 trop souvent empruntés sur les courses régionales, les organisateurs avaient choisi les pistes permanentes de Verbier, une partie de la « bleue » et une autre de la « rouge ». Et avec Amaël Donnet, j’ai bénéficié d’un ouvreur de choix. « Non, non, ici on ne peut pas rouler», assure un Allemand alors que nous tentons un dépassement dans la forêt. « Ah, ben si, dis-donc», se ravise-t-il après notre manoeuvre réussie. Correct et fair-play.

A l’arrivée une bonne mise en jambes (et en bras). Le BMC SpeedFox fonctionne à merveille. A la montée, il est meilleur en roulant plutôt vite que trop doucement. A nous de maintenir le moteur au niveau du châssis… Pour cette première étape, cala a très bien marché. Deuxième place des « masters », dans le rythme, on va dire 😉

Christoph Sauser au départ.
Christoph Sauser au départ.

Demain, la plus longue étape de la semaine, 95 km en direction de Loèche-les-Bains, en passant par Nendaz, Saint-Léonard, Lens et Varen.

Le podium "élite" du jour.
Le podium « élite » du jour.

Classements sur le site de Datasport
Davantage d’infos sur internet: www.swissepic.com

Histoires épiques entre Verbier et Zermatt